Fini le temps où l’infrastructure était seulement une contrainte que l’on découvrait dans les derniers instants de la construction d’un projet. Aujourd’hui une infrastructure réseau bien appréhendée offre au business des opportunités jusque-là insoupçonnées.

Une bande passante désormais obsolète

La plupart des infrastructures de Local Area Network (LAN) emploient une combinaison de câblage cuivre et fibre optique. La fibre est souvent utilisée pour les liaisons dorsales, plus longues et transportant plus de débit. Déployées depuis les années 1980, ces liaisons avaient une capacité largement suffisante pour les besoins en bande passante au moment de leur installation.

Mais aujourd’hui, un nombre croissant d’applications nécessite une bande passante considérable pour assurer le transfert et la diffusion continue de gros volumes de données, de fichiers audio ou vidéos. Les DSI peuvent être confrontés à la situation où le débit nécessaire pour supporter ces nouveaux outils de productivité est très supérieur à la bande passante maximale des fibres dorsales de leur réseau. Sans diagnostic préalable de la capacité de l’infrastructure, l’installation d’un nouveau service gourmand peut conduire à une surcharge du réseau.

Au contraire, un DSI qui connaît parfaitement le dimensionnement de son réseau grâce à une évaluation de la capacité non seulement de son infrastructure active mais aussi passive (capacité des liaisons fibres) est en mesure de suivre l’évolution rapide des technologies et à supporter les débits nécessaires aux dernières applications.

Le transfert de données à 10 Gb/s sur le LAN fournit aujourd’hui la meilleure assurance pour être en mesure de soutenir les technologies émergentes, comme l’utilisation massive de la VoIP, des visio-conférences, des applications de collaboration en ligne, des applications temps réel, de la virtualisation, du cloud computing et du stockage mutualisé.
De même, un réseau dont la capacité est bien maîtrisée permet facilement de multiplier les terminaux mobiles et les objets connectés sur le lieu de travail, participant au gain de productivité apporté par la pratique du Bring Your Own Device (BYOD).

La solution du redéploiement parfois impossible

Comment s’assurer que l’infrastructure d’un LAN est suffisamment performante pour ces nouveaux outils gourmands en bande passante ? Dans le cas de LAN sur fibres optiques multimodes, un upgrade des composants actifs se révèle insuffisant car c’est la bande passante des fibres du réseau qui limite intrinsèquement le débit.
Même si leurs équipements actifs sont à la pointe de la technologie, les DSI doivent s’assurer que leur infrastructure de câblage puisse soutenir leur infrastructure réseau à la fois aujourd’hui et à l’avenir afin d’offrir à l’utilisateur final les meilleurs outils de productivité.

Cependant, le redéploiement de nouvelles fibres optiques plus performantes n’est pas une solution qui s’adopte à la légère. En effet, la complexité et le coût de déploiement d’un nouveau câble peuvent être exorbitants, et par conséquent freiner la décision de pérenniser l’infrastructure passive du LAN.

« La complexité d’un redéploiement de fibre ne va pas dépendre uniquement de la longueur mais aussi de l’accessibilité et de la disponibilité des fourreaux, » explique Thierry Pimont, Responsable Réseau du groupe Ouest France.

Ces facteurs de complexité et de coût supplémentaires posent un véritable dilemme pour les DSI. Par exemple, dans le cas de la communauté urbaine d’Alençon, le DSI raconte que « cela fait plusieurs années que nous sommes confrontés à des goulets d’étranglement sur plusieurs de nos liens. Nous avions envisagé un redéploiement de fibres optiques monomodes mais les coûts étaient prohibitifs étant donné la localisation de nos bâtiments en centre-ville. »

Il est donc nécessaire de trouver un équilibre entre les intérêts économiques à court terme et la planification stratégique à long terme, i.e. anticiper et planifier les évolutions de l’infrastructure afin de profiter pleinement des nouvelles technologies qui offrent ou vont offrir dans un futur proche une plus grande efficacité et une meilleure compétitivité à l’entreprise.

Une technologie photonique au secours de l’infrastructure réseau

Grâce à une nouvelle technologie passive, la conversion multi-plan de la lumière (ou MPLC pour Multi-Plane Light Conversion), il est désormais possible de rééquilibrer la balance vers la pérennité du réseau même dans les cas les plus difficiles, où le coût et la complexité d’un redéploiement seraient excessifs.

La limitation intrinsèque de la fibre multimode est liée au fait que la lumière emprunte plusieurs trajets aux vitesses effectives différentes dans la fibre. Ce phénomène, appelé dispersion modale, étale voire déforme le signal au cours de la propagation dans la fibre, et est d’autant plus important que le débit transporté est élevé. Il est donc impossible de transmettre du haut débit sur de grandes longueurs de fibre.

En manipulant précisément la forme de la lumière, la conversion multi-plan de la lumière permet de sélectionner proprement un seul trajet dans la fibre, et par conséquent de lui donner des performances égales aux fibres optiques monomodes les plus performantes sur le marché. La conversion multi-plan permet même de multiplexer plusieurs trajets en parallèle, et donc de transporter 4 x 10 Gb/s sur plusieurs kilomètres de fibre multimode, là où une technique conventionnelle ne permet que 100 Mb/s.
Cette technologie résout donc les problèmes à la fois de limitation que peuvent poser les fibres multimodes de LAN, et de Capex que représente le redéploiement de nouvelles fibres.

Comme en témoigne le DSI de l’Université Bretagne-Sud, la conversion multi-plan est « une solution au problème de limitation de bande passante sur une vieille fibre optique multimode. Nos anciennes fibres ne sont pas forcément bonnes à jeter, elles peuvent avoir une nouvelle jeunesse grâce à cette solution. »

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