Depuis le lancement du Plan de Transition Numérique dans le Bâtiment (PTNB) en 2015, le secteur du bâtiment et de la construction est résolument entré dans l’ère du numérique. La digitalisation des entreprises de ce marché apporte une modernité au secteur et permet d’augmenter la qualité des travaux tout en réduisant les coûts. Une mutation à laquelle les DSI vont devoir s’adapter.

 

Le secteur de la construction est confronté à des contraintes de plus en plus nombreuses dans la réalisation des projets : délais d’exécution de plus en plus courts, budgets restreints, exigences de qualité accrues… Parallèlement, il devra dans le futur relever des défis majeurs relatifs notamment aux exigences environnementales, énergétiques ou encore acoustiques.

Face à se contexte, la digitalisation des entreprises du bâtiment et de la construction présente de nombreux atouts que ce soit en termes de communication (via notamment des logiciels de gestion, de planification ou encore le stockage et le partage de documents) ou de gestion de l’entreprise depuis la phase d’appel d’offre jusqu’à la d’analyse finale de chantier en passant par l’exécution.

 

Zoom sur le BIM

Pour répondre à la technicité croissante du secteur, à une fragmentation du processus constructif et au problème de communication entre les intervenants, le Building Information Modeling (BIM) ou Modélisation des Informations (ou Données) a également le vent en poupe. En France, l’utilisation du BIM est d’ailleurs obligatoire depuis le début de cette année pour tous les marchés publics. Cette méthode permet, par l’utilisation et l’échange de maquettes numériques entre les partenaires, une meilleure organisation et collaboration au sein du processus constructif. La transparence des données auprès des acteurs du projet permet de clarifier la planification et la coactivité des intervenants, de mieux anticiper les risques d’erreurs, et ainsi de diminuer les coûts. Le projet devient alors plus collaboratif et dynamique avec pour objectif d’améliorer la qualité et la productivité du projet.

Ainsi, selon une étude du Boston Consulting Group, l’utilisation des technologies digitales telles que le BIM principalement mais aussi l’impression 3D ou les drones devrait permettre une réduction de 15 à 20% des coûts d’ici à 10 ans, une amélioration les délais de livraisons et un renforcement de la qualité et de la sécurité dans les constructions.

 

Des mutations qui impactent les DSI du secteur

Précurseur dans son domaine, la société d’ingénierie de la construction Oger International a fait du BIM (Modélisation des données du bâtiment) une priorité depuis 2007. Aujourd’hui une centaine d’ingénieurs, d’architectes et de techniciens sont opérationnels en BIM et dotés d’une parfaite maîtrise des processus et des outils de travail collaboratif pour le management des projets. « Cependant, comme toute innovation majeure, le BIM induit des modifications très importantes dans les méthodes et l’organisation du travail », explique Jean-Charles Bangratz, le directeur innovation et systèmes d’information d’Oger international sur la WebTV BTPCLIC. Selon lui le BIM, souvent présenté comme quelque chose de complexe et appliqué à des projets extraordinaires, répond à une vision extrêmement large, multidisciplinaire et ambitieuse, mais également avec un objectif de simplicité.

« Grâce au BIM nous avons pu prendre de l’avance sur nos concurrents. », explique Jean-Charles Bangratz, Directeur Innovation et Systèmes d’information, Oger International. Il s’est lancé dans la refonte de sa DSI afin de l’adapter aux nouvelles technologies et aux attentes des donneurs d’ordres.

 

Voici ce qu’il déclarait à nos confrères de BFM Business :

« Notre DSI est opérationnelle et s’appuie sur trois piliers. Le premier, SIP, centralise tout ce qui a trait au système d’information (SI) de l’ingénierie. Le deuxième service, OSI, regroupe les experts en organisation des SI et intervient dans deux domaines : la gestion des données numériques, des process informatiques, des standards et de la conduite du changement, d’une part ; l’expertise produit, notamment autour de la maquette numérique (Building Information Modeling), d’autre part. Enfin, le dernier pilier, SIB (systèmes d’information du bâtiment), rassemble toute l’ingénierie des technologies de l’information et de la communication embarquée dans un bâtiment : sécurité, IPBX, supervision technique du bâtiment, etc. »

 

Pourquoi ce découpage de la DSI ?

« Nous constatons que le SIB a un fort impact sur les processus au sein de certains bâtiments comme les hôpitaux, les hôtels ou les salles de conférence. On ne peut donc plus déployer de grosses installations informatiques sans mettre en place une organisation de modification des process. De plus, depuis début 2010, le secteur du bâtiment prend le virage de la CAO (conception assistée par ordinateur). Nous avons d’ores et déjà acquis un certain niveau d’expertise que nous proposons à nos clients. Enfin, les donneurs d’ordres commencent à segmenter leurs projets de construction selon ce modèle. Pour un hôpital d’envergure au Moyen-Orient, l’appel d’offres comprend nos trois piliers. Sur le projet de l’hôpital d’Orléans, le plus grand en construction en Europe, nous fournissons des prestations d’OSI et de SIB. »

 

Est-il facile de convaincre ses collaborateurs de revoir l’organisation d’une DSI ?

« Il est impératif d’accompagner une telle réorganisation d’un plan de conduite du changement. La formation des collaborateurs constitue une priorité chez Oger International. De plus, il faut que les utilisateurs s’organisent et produisent avec les nouveaux outils mis à leur disposition. Pour diffuser les bonnes pratiques, nous avons mis en place, mi-2010, le groupe Gouvernance du SI. Il se compose de la DSI, du directeur des agences, de celui des projets à l’export, de la direction des études, du directeur des systèmes de management et du directeur du développement commercial de la DSI. Ce groupe de gouvernance recueille les besoins et l’adhésion des directeurs concernés par les projets. Qui sont ainsi plus à même de les véhiculer auprès de leurs collaborateurs. »

 

Quels bénéfices tirez-vous de cette organisation ?

« Aujourd’hui, le DSI est de plus en plus impliqué dans les choix métier. Avec cette organisation, chacun des interlocuteurs comprend mieux les différents enjeux de chaque service. Nous évoluons dans un secteur en pleine mutation et on ne peut plus lancer de chantier si tout n’est pas correctement structuré. D’une part, l’informatique représente le métier le mieux placé pour organiser les informations. D’autre part, ce découpage en trois secteurs a une réalité dans le management du projet et dans l’organisation de la construction. »

 

Votre modèle est-il reproductible au sein d’autres DSI ?

« Tout à fait. Il est adapté aux sociétés d’ingénierie. Les responsables IT doivent en effet montrer l’importance de l’organisation des systèmes d’information. Ce qui n’est pas évident. Cela nécessite un investissement financier et certains décideurs ne perçoivent pas immédiatement la rentabilité et l’intérêt de la dépense que cela implique. Pourtant, l’avantage concurrentiel est énorme. »

 

 

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