Hébergement, externalisation et infogérance ont des bénéfices connus depuis longtemps que les fournisseurs revendiquent chiffres à l’appui. Malgré une actualité « agitée », ces modes de consommation de l’IT s’imposent de plus en plus dans l’hexagone. Bien que la France accuse toujours un certain retard sur les pays anglo-saxons, on peut se demander quel est le sésame de leur adoption.

Une étude récente indique qu’au premier trimestre 2014 l’hébergement des données en data centers a connu sa plus forte croissance depuis des années, idem pour le recours des entreprises à l’externalisation et aux prestations d’infogérance*.

C’est une bonne nouvelle pour le marché, mais aussi pour les utilisateurs : car avec la méfiance dont peut faire preuve la France face à l’adoption de ces nouveaux modèles de consommation (par exemple les débuts difficiles de l’ASP sur le territoire), on se serait attendu à l’inverse.
Alors, les bénéfices avérés de ces solutions (OPEX, rationalisation, flexibilité…) sont-ils suffisants pour contrebalancer les angoisses sécuritaires ?

Un marché IT qui ne cède pas à la panique

L’actualité récente favoriserait plutôt un climat incitant à la paranoïa sur le monde de l’IT et même au-delà : écoutes de la NSA, affaire PRISM, vols de bases de données aux USA (Target, Adobe, RSA) ou encore les piratages des entreprises émettrices de crypto-monnaies…
Bref, la sécurité est plus que jamais un thème porteur et au cœur de l’actualité, d’où l’engouement par ailleurs des acteurs du marché lors des grandes manifestations IT récentes (CEBIT, MWC, FIC2014…).

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Et comment ne pas faire le rapprochement avec une autre tendance de ce début 2014*, à savoir que les entreprises mettent de plus en plus de PRA et de PCA en place*, et montrent ainsi une prise de conscience forte de la nécessité de disposer de solutions de continuité d’activité.

Alors que la priorité des entreprises est à la sécurisation de leur système d’information, elles choisissent d’héberger davantage de données à l’extérieur et d’y associer des prestations d’infogérance.
Peut-on en déduire qu’elles réalisent que ces deux notions ne sont pas opposées, mais que la problématique est davantage dans le choix des prestataires que dans  le modèle en lui-même ?
Bonne nouvelle ! Le marché français fait preuve désormais de la maturité nécessaire pour comprendre que confier ses données à des prestataires n’est pas nécessairement une prise de risques, surtout quand certaines entreprises en font le commerce et consacrent du temps et des sommes colossales en R&D pour la sécurité.

Pourquoi ce changement de posture ?

Voici quelques pistes de réflexions :

  • L’externalisation des ressources informatiques et l’infogérance ont été perçues pendant longtemps comme un système supplémentaire auquel il convenait de s’adapter, avec lequel la DSI devait négocier.
    Désormais, ils sont considérés comme des outils d’efficience et de productivité.
  • Les dirigeants attendent de leur DSI une maîtrise totale des solutions adoptées : savoir et comprendre ce qui les compose, c’est aussi en garder le contrôle. L’entreprise souhaite améliorer son SI, certes, mais ne souhaite pas que les choix soient faits à sa place. Ces dernières années ont été riches en innovation et en communication, les fournisseurs ont été contraints à une plus grande transparence : le marché s’est éduqué et de fait, probablement rassuré.

La question de la posture adoptée par les entreprises derrière cette tendance est d’autant plus intéressante qu’elle pourrait être un accélérateur considérable de business pour ces nouveaux modèles de consommation de l’IT : l’avenir est à l’hybridité (semble-t-il) qui embarque la gestion intégrée d’un ensemble de ressources hétérogènes.
Et parmi celles-ci, on retrouve bien entendu beaucoup de cloud dont une partie du modèle économique s’appuie justement sur l’externalisation… La boucle est bouclée ?

*chiffres Comm’Back Q1 2014

Mathias Mercier 

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