[Mise à jour d'Avril 2017] Le risque de « crue centennale » de la Seine nous avait donné l’occasion l’année dernière de revenir sur les fondamentaux d’un PRA, d’un PCA et d’une démarche globale de résilience. Nous insistions aussi sur l’importance de la préparation d’un plan d’anticipation des risques. Un exercice de gestion de crise de grande ampleur, « EU Sequana », avait eu lieu en Île-de-France en Mars 2016 pour se préparer à cette « crue du siècle ». Une équipe de chercheurs était présente, parmi lesquels Valérie November, qui vient de publier, un an après Sequana, un ouvrage sur cette expérience exceptionnelle et ses enseignements.

Quel bilan ? « Aujourd’hui, les acteurs admettent que les crises peuvent survenir et ils réfléchissent davantage aux conséquences et à la façon de les traiter. »

 

La crue de la Seine fait désormais la « une » en ce début de mois de juin 2016, même s’il ne s’agit à priori pas encore de la fameuse « Crue centennale » comparable à celle de 1910. Le phénomène d’inondation devrait atteindre à son pic jusqu’à 6,50 mètres de hauteur d’eau (contre 8,42 en 1910 mesuré à l’échelle du pont de la Tournelle), selon Vigicrues, l’organisme en charge de l’évaluation du niveau des cours d’eau.

Au-delà de l’impact humain sur les transports mais également la sécurité des citoyens, cette montée des eaux a également un impact économique non négligeable pour les entreprises franciliennes et pose très sérieusement la question du secours informatique, et plus largement celle de la résilience des entreprises.

En effet, la région parisienne représente 1/3 de l’activité économique de la France. Les dizaines de milliers d’entreprises installées dans cette zone, dont certaines sont également les prestataires, fournisseurs ou clients d’entreprises en région, ne peuvent tout simplement pas cesser leurs activités.

 

Mettre en place un PCA spécifique

Habituellement, les plans de continuité d’activités (PCA) sont conçus pour faire face à des sinistres d’envergure limitée : incendies, coupures de courant, etc. Mais le phénomène de la crue, centennale ou non, de par son étendue géographique, nécessite une réflexion différente et la mise en place d’un plan spécifique et adapté, notamment prenant en compte la situation des prestataires de la DSI.

A ce titre, deux typologies de prestataires sont à prendre compte : les prestataires primordiaux, comme les fournisseurs d’énergie ou les opérateurs télécoms, sans lesquels l’organisation est paralysée (mobilisés en mars lors de l’exercice de gestion de crise EU SEQUANA 2016 simulant une crue majeure en Ile-de-France); et les prestataires essentiels dont les services sont nécessaires à l’activité de l’entreprise, comme le sont les équipementiers pour un constructeur automobile.

Déterminer qui sont ces prestataires et les situer géographiquement pour savoir s’ils seraient eux-mêmes touchés, est une étape cruciale qui déterminera les actions à mettre en place. Dans ce contexte, disposer d’un PCA constitue un réel avantage concurrentiel pour les prestataires du bassin parisien.

La géographie est ainsi une dimension importante, qui façonnera également le volet du PCA consacré aux forces vives de l’entreprise. Identifier les postes clés et s’assurer que les personnes concernées seront en mesure d’accéder aux locaux doit faire partie des priorités et peut amener à prévoir des dispositifs d’hébergement.

Autre aspect souvent négligé, et pourtant capital : le retour à la normale. Envisager l’après crue est une étape tout autant stratégique. En fonction du débit de la crue, les locaux de l’entreprise pourront, ou non, être réintégrés. Dans les deux cas, une solution d’hébergement provisoire de l’entreprise sera nécessaire, le temps de réhabiliter les locaux ou d’en trouver de nouveaux.

 

Une situation surveillée de très près par les équipes Sungard AS

Interrogée par Silicon.fr, Emmanuelle Servaye, Directrice Marketing Europe du Sud de Sungard Availability Services apporte des précisions sur l’impact de cette situation de crue : « A ce stade, nous n’avons reçu qu’une pré-alerte relative à du support utilisateurs, pour 150 personnes environ, sur la région d’Orléans. Mais nous avons monté une cellule de crise en interne sur le sujet. […] Nous surveillons particulièrement des zones comme La Défense et l’éventuel impact sur les transports de ces événements exceptionnels. »

Le datacenter de Sungard AS de Lognes serait épargné par une crue majeure en Ile de France, mais pour les entreprises celle-ci aurait des conséquences sur les déplacements et sur les priorités des individus, donc sur les organisations. Cet élément humain doit donc aussi être pris en compte dans le cadre d’un diagnostic de PCA.

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