Les DSI ont longtemps élaboré leur budget de manière annuelle voire statique. L’impératif d’innovation, couplé à la compétition interne pour les budgets pousse aujourd’hui les Décideurs IT à changer de méthode. Car après tout, souvent les CDO n’ont eux pas de budget en propre, mais s’appuient plutôt sur les ressources des différentes directions métiers. Et si justement la DSI pouvait retrouver plus de contrôle et souplesse dans ses ressources financières en partageant davantage cette responsabilité avec les métiers ? Mais comment préparer cette mission « exfiltration » pour ne pas rester seul en terrain hostile ?

 

Un contexte budgétaire toujours tendu

Car les temps sont durs pour les DSI… Malgré les nombreux projets de transformation digitale engagés dans les entreprises, les DSI restent contraints de réduire leurs coûts. Un constat notamment révélé dans le dernier rapport de la société Fuze, « Casser les codes d’ici 2020 ». Il apparait que 91 % des décideurs informatiques déclarent être sous la pression de dirigeants, qui leur demandent de réduire les dépenses IT d’environ 12 % au cours des 5 prochaines années. Ils sont par ailleurs 74 % à estimer que les pressions budgétaires les empêchent de se concentrer sur les nouvelles tendances et d’introduire de nouvelles technologies.

 

Les budgets IT glissent vers les métiers

Pour sa part, l’enquête annuelle « 2017 budget Survey » de CEB Global, estime que les budgets technologiques devraient rester plutôt stables, mais continuer de se déplacer hors du contrôle des IT. Le budget informatique n’est désormais plus une métrique suffisante pour comprendre ce que les entreprises dépensent sur la technologie, car aujourd’hui de plus en plus d’argent est dépensé en dehors du budget informatique. Une situation de shadow IT (à savoir, les IT pilotées par les métiers) plus ou moins intégré dans la réflexion des DSI.

 

Sur ce sujet du Shadow IT, retrouvez les témoignages de trois DSI de la communauté Atout DSI : « Le low code : bon ou mauvais face au shadow IT ».

 

Une situation qui doit profiter au DSI

De plus en plus de DSI ont la vision de ces dépenses IT « désilotisées », désormais imputables à d’autres directions métiers. Ils ont alors pour vocation non plus à contrôler l’ensemble d’un budget informatique statique, mais au contraire à encourager les dépenses IT, tout en cherchant à les coordonner afin d’éviter les doublons et autres abus.

Sur cette « appropriation » positive des outils IT par les métiers, retrouvez le témoignage sur Atout DSI de Frédéric Kerneuzet, Responsable Etudes, Développement et Exploitation chez Amaline Assurances.

 

Comprendre la gestion financière des ressources

Dans ce contexte, le DSI, au-delà de son rôle « technique », doit donc aujourd’hui s’orienter vers une « gestion financière de ses ressources ». Bien sûr il lui revient d’allouer les budgets nécessaires en fonction des projets IT pour maîtriser les risques tout répondant aux contraintes de restrictions des coûts imposés par son organisation. Mais le DSI doit aussi savoir expliquer ses choix et ses contraintes avec le plus de pédagogie possible, particulièrement vis-à-vis de son DAF.

« Par exemple dans un projet digital, il est très difficile de dire très en amont combien cela va nous coûter exactement, dans la mesure où nous sommes en itération permanente, souligne ainsi la responsable SI d’une entreprise de service publique française. Nous devons gagner en agilité au même titre que le contrôle de gestion. Ce dernier doit avoir conscience des spécificités de la mise en place d’un projet digitale et nous aider à démontrer la nécessité d’une décision d’investissement en raisonnant par enveloppes d’investissements revues à la hausse ou à la baisse durant l’évolution du projet ».

C’est ainsi en substance ce que font déjà les Chief Digital Officer (CDO), lorsqu’ils élaborent leur propre budget…, quand ils en ont un ! En effet, selon la première édition du livre blanc BCD2O : Baromètre des CDO un certain nombre d’entre eux assurent qu’il est préférable de laisser les ressources financières dans les business unit afin de ne pas déposséder les équipes de la gouvernance des projets digitaux…

 

L’analyse prévisionnelle en soutien des DSI

Dans le cadre de cette démarche, l’analyse budgétaire prévisionnelle est plus que jamais indispensable. En effet, les directions métiers déploient de plus en plus de projets requérant plus de ressources IT dont le DSI ne dispose pas toujours. Il doit alors faire des analyses prévisionnelles afin de pouvoir provisionner au plus juste et allouer la bonne ressource au bon moment. Si les prévisions annuelles demeurent un socle de base nécessaire, elles doivent pouvoir s’ajuster au fil de l’eau, notamment dans le cadre des projets IT liés à la transformation digitale.

Dans un contexte de multiplication des flux de données financières, DSI et DAF trouveront alors un terrain d’échange fructueux dans le vaste champ de l’analyse prescriptive dopée au big data.

 

Pour aller plus loin, retrouvez nos précédents articles :

DSI : MAÎTRISEZ VOTRE BUDGET !

DSI ET DAF, UN DUO GAGNANT POUR L’ENTREPRISE

DSI : QUAND LES NOUVELLES TECHNOLOGIES VOUS TRANSFORMENT EN DAF

CE QUE VOTRE DAF A BESOIN DE SAVOIR AU SUJET DU CLOUD

 

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