S’il est bien un domaine où le digital représente un levier d’optimisation opérationnelle et de nouvelles opportunités de business, c’est celui de l’énergie. Une transformation d’autant plus urgente à mener que ce secteur est actuellement en proie à de nombreux bouleversements portés par la baisse de la consommation électrique, les incitations massives à l’efficacité énergétique ou encore son ubérisation par de nouveaux entrants. Les DSI du secteur ont donc du pain sur la planche !

Accord de Paris sur le Climat, tensions régulières avec la Russie premier approvisionneur gazier de l’UE, hausse des prix du pétrole, reprise de l’exploitation des gaz de schiste aux Etats-Unis sont autant d’éléments qui impactent déjà les entreprises du secteur de l’énergie. Sans compter l’arrivée sur le marché de nouveaux entrants qui ambitionnent de s’interposer entre les principaux fournisseurs d’énergie (Butagaz, Direct Energie, EDF, Engie…) et leurs clients. Parmi eux nous retrouvons pèle mêle les fournisseurs d’énergies innovantes (ekWateur, Plüm Energie, Enercop.fr…), les plates-formes d’achats d’énergie (placedesenergies.com, Kelwatt.fr…) ou encore les nombreux autres acteurs tels que les équipementiers ou autres GAFA.

 

L’innovation au cœur de la transformation du secteur Energie

S’ils peuvent être considérés comme une contrainte voire une menace, ces éléments contextuels sont également autant d’opportunités pour les entreprises du secteur de renforcer et de développer leurs capacités d’innovations et leur compétitivité… dans la mesure où elles se digitalisent. D’autant que sur ce marché les initiatives digitales foisonnent, notamment dans le domaine des objets connectés (thermostats intelligents, compteurs intelligents, chaudières connectées) et de la mobilité (interopérabilité des réseaux de bornes de recharge).

Ces nouveaux services et outils digitaux vont notamment permettre d’intégrer des énergies renouvelables sur le réseau, gérer différemment la demande, décentraliser la production, développer la connaissance des profils de clientèles grâce à l’exploitation des données et, in fine, d’entrer dans l’ère du Smart Grid (le réseau électrique intelligent), tout en gagnant en compétitivité.

 

DSI du secteur Energie ou l’art et la manière de jongler entre le legacy et l’innovation

Pour développer leurs capacités d’innovation et accompagner la transformation digitale de leur société, les DSI du secteur dessinent leur plan stratégique chacun à leur manière.

 

Laurence Guillemot, DSI de Direct Energie expliquait ainsi dans les colonnes du MagIT « passer beaucoup de temps à optimiser les outils en place ainsi que les processus. Dans le même temps, nous (la DSI) devons travailler à garantir un volant d’innovations pour assurer la mise à disposition de nouveaux services, plus numériques ». Reste à trouver la bonne formule pour faire éclore ces services innovants. « Actuellement, nous avons tendance à externaliser certains développements qui concernent des projets en tests pour lesquels nous ne savons pas encore ce qui sera à pérenniser. Nous allons réfléchir dans les prochains mois à la création d‘une équipe interne à la DSI pour prendre en charge ces sujets », assurait encore Laurence Guillemot. Ce lab sera le réservoir à idées du groupe, l‘unité dédiée au cycle de développements courts. Il sera dissocié des cycles de production classique du groupe. Une approche dans laquelle la DSI entend également intégrer ses départements opérationnels

 

De son côté Jean-Christophe Laissy, DSI de Veolia déclarait lors d’une interview accordée à nos confrères de ZDnet qu’« Il nous incombe (la DSI) d’accompagner les métiers en détectant avec eux les moyens d’améliorer leurs coûts d’exploitation, en les aidant à développer de nouveaux business et à trouver des relais de croissance ». Dans le cadre de sa stratégie digitale, Veolia a fait le choix du « all in cloud », pour plusieurs raisons : « la vitesse de déploiement, les coûts, la cybersécurité et la fiabilité, mais également pour nous rapprocher du business, dans un mode itératif, avec des boucles courtes… Nous construisons ainsi les solutions qui peuvent être très rapidement finalisées et déployées ; nous supprimons l’effet tunnel que nous connaissions avec les cycles en V ».

 

Yves Michel, ancien DSI en charge de l’innovation, du développement durable et du pilotage de projets de Primagaz, expliquait en début d’année dans Le Journal des grandes Ecoles  l’importance du travail en mode projet pour accompagner au mieux la transformation digitale. « Nous avons accompagné la refonte complète du réseau commercial en mettant en œuvre de nouveaux processus et systèmes d’information. Ainsi, j’ai rapidement pris la responsabilité du pilotage du portefeuille des projets de l’entreprise. La logique ? Déplacer la priorisation et la prise de décision au bon niveau pour plus de réactivité. Nous avons fait de même par la suite avec la société Caloon, une solution de fourniture et de comptage d’énergie qui permet à chaque résident de payer uniquement ce qu’il consomme. Cette nouvelle activité à forte composante technologique, que nous avons développé de A à Z sur le mode d’une startup, propose un nouveau business model pour Primagaz. On bascule du produit au service. »

 

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