Les promesses de l’Infrastructure as a Service (IaaS) commencent à séduire les entreprises qui y voient l’opportunité de réaliser des économies mais aussi de gagner en flexibilité et en performance dans la gestion de leur infrastructure informatique. Certaines DSI opèrent actuellement la bascule vers le 100% cloud et ferment leurs datacenters.

 

Selon Gartner, le volume d’affaires pour le cloud public devrait, en 2016, augmenter de 16,5% à l’échelle mondiale et de 13,7% en Europe. Une croissance surtout portée par les dépenses en services IaaS pour lesquelles l’institut prédit une augmentation de plus de 38 % cette année. Gage de cette tendance, certains projets de bascule des datacenters vers le Cloud public commencent à émerger voir à se concrétiser, notamment au sein des « pure players Internet ».

A la fin de l’été, Netflix ne disposera ainsi plus du moindre serveur en interne, devenant le premier gros acteur de l’internet à gérer l’ensemble de son informatique via un cloud public.  « Pour tout ce qui concerne le streaming et l’utilisateur final, nous étions déjà 100% cloud depuis un moment. Maintenant nous préparons la mise à la retraite complète de nos datacenters », déclarait il y a quelques mois Reed Hastings, PDG de Netflix, dans un article publié dans le Wall Street Journal, sur le blog destiné aux DSI. Une bascule vers Amazon Web Services (AWS) qui n’est que la conclusion d’un processus démarré sept ans plus tôt, après une grosse panne matérielle dans un de ses datacenters.

 

IaaS : un gage de performance

Ce n’est que récemment que Spotify a également été séduit par les sirènes du Cloud de Google pour migrer l’ensemble de son infrastructure informatique et tout ce qui a trait à la collecte, au stockage, ainsi qu’à l’analyse des données de ses utilisateurs. « Jusqu’à peu, les services Cloud Computing de base n’étaient pas aux niveaux de qualité, de performance et de coût pour s’imposer comme l’option la meilleure sur le long terme. Un équilibre maintenant inversé, rendant l’approche traditionnelle complètement désuète », confiait en février Nicolas Harteau, vice-président ingénierie et infrastructure de Spotify, sur le blog de la société. Spotify, qui n’a ni les moyens ni l’envie de construire son propre Cloud a donc préféré opter pour l’externalisation de ses datacenters. Un projet qui devrait être finalisé en 2017.

 

« Le Cloud commence à tenir ses promesses en termes de coûts »

Au-delà de la performance et de la flexibilité, ce sont également les promesses du cloud public en termes de coûts qui ont poussé le réseau professionnel Viadéo à abandonner son propre datacenter classique. Une migration qui devrait aussi être achevée cet été. « Certains pensent encore que le cloud revient plus cher qu’un datacenter, déclarait Antoine Guy, Architecte d’infrastructure informatique chez Viadéo, dans un article paru dans l’Usine Digitale au début du mois de juin. C’est faux ! Bien utilisé, en choisissant les services les mieux adaptés et en éteignant les machines virtuelles lorsque nous n’en avons pas besoin, le cloud ne revient pas plus cher ».

Une optimisation des coûts qui n’est pourtant pas toujours au rendez-vous comme nous l’avons vu dans une récente étude de Sungard Availability Services sur les coûts cachés du cloud. 81% des entreprise européennes, 90% des françaises, ayant constaté des coûts imprévus après leur passage au cloud. Associé à d’autres environnements, dans une approche hybride, le cloud porte pourtant de belles promesses pour l’agilité, l’amélioration du service client et l’accélération des développements produits.

 

Ironiquement, le meilleur exemple des bénéfices financiers du Cloud est probablement celui de Zynga. Souvenez-vous, en 2009, l’éditeur s’affichait comme l’un des principaux clients des services cloud d’Amazon. Deux ans plus tard, il investit 100 million de dollars dans la construction de ses propres datacenters. Objectif : s’affranchir d’Amazon et réduire ses coûts. Mais au printemps 2015, patatras ! Le créateur de Farmville ferme ses datacenters et annonce un retour sur Amazon. Confrontée à un ralentissement de sa croissance, la société décide de mettre en place un plan d’économie. Or la gestion d’un datacenter coûte cher, demande du personnel qualifié et de gros investissements en capital. Une activité qui n’est aujourd’hui plus jugée stratégique par ses dirigeants…

 

Une tendance qui commence à séduire les entreprises traditionnelles

Une volteface qui a certes de quoi surprendre mais qui suscite la réflexion… D’ailleurs, des entreprises plus traditionnelles, à l’instar de Veolia Water Technologies ou encore de l’industriel Soitec s’engagent également dans des projets ambitieux de cloud computing. « Une démarche qui répond à des enjeux de développement international, d’amélioration de la qualité et de souplesse d’adaptation à la variabilité du business », confiait à l’Usine Digitale en mai dernier Laurent Maumet, vice-président en charge de la qualité du support de l’exploitation et la transformation chez Soitec.

 

Nous avons consacré plusieurs articles et un webinaire au sujet des infrastructures hybrides, étayés de témoignages de la communauté Atout DSI. Si vous souhaitez réagir et partager votre retour d’expérience, n’hésitez pas à le faire en commentaire sous cet article ou via notre formulaire contact.

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