Suite de l’article signé par Yves Michel, ancien DSI de Primagaz, et Mentor au sein de Mentorat DSI. Après une rétrospective des technologies qui ont marqué l’année 2017 et celles qui se positionnent déjà pour « disrupter » 2018, quelle réalité pour les technologies « hypes » ? Et quelle démarche adopter en 2018 pour ne pas se faire surprendre par les tendances technos ?

 

Vue de la DSI, quelle réalité pour les technologiques « hypes » ?

Si les technologies apportent de nouvelles opportunités pour les DSI, elles mettent aussi en exergue les multiples résistances et contraintes internes qui doivent être dépassées afin d’assoir les bases d’une transformation solide :

 

Les moyens financiers à disposition

Contraints par les enveloppes budgétaires qui ne cessent de diminuer, les DSI doivent faire des arbitrages déterminants entre budgets d’immobilisations et budgets de fonctionnement qui ne leur laisse pas beaucoup de marge de manœuvre. Or face aux enjeux de taille, l’acquisition, l’intégration, et l’exploitation des technologies innovantes, nécessite d’allouer des ressources humaines et budgétaires non négligeables, souvent perçus comme trop élevés. Pour s’en sortir, le DSI doit composer avec les directions métiers pour valoriser les apports des innovations technologiques, et avec les Directions des Achats et des Finances pour engager une approche TCO (Total Cost of Ownership) des investissements.

 

La capacité d’anticipation technologique

Certes les DSI sont déjà nombreux à faire face à la transformation numérique. Mais désormais, ils doivent en plus tenir compte du cycle de la « hype ». La succession de technologies rajoute de la complexité et du rythme aux missions des DSI, qui doivent constamment veiller, anticiper, tester, et proposer les solutions les plus pertinentes.

 

Le défi de l’intégration technique avec le « legacy »

Dépendant de nombreux paramètres – comme l’architecture SI, l’obsolescence des briques du SI, la maturité des processus SI, la gouvernance du SI – l’intégration des nouvelles technologies est un casse-tête. A tel point que la meilleure solution est souvent de reconstruire un environnement dédié en parallèle ou dans le cloud, ou de faire appel à des solutions SaaS.

 

La pénurie de compétences

Les technologies numériques récentes font appel à des environnements de développement et des langages spécifiques, des architectures et des méthodologies projets nouvelles, créant un vide dans les expertises en place au sein des DSI. Faire appel à des externes peut être une solution à court terme mais le sujet de fond reste bien la gestion et l’évolution des compétences dans le temps.

 

La culture d’entreprise

« Je dois plus me battre en interne qu’en externe », cette expression vous semble familière ?

Les transformations sont facilitées par les cultures d’entreprises qui favorisent les prises d’initiative, acceptent le risque, valorisent les idées nouvelles, soutiennent le travail collaboratif. Or les structures trop hiérarchisées, les organisations en silos, les dirigeants frileux, adeptes du risque minimum, les financiers trop ROIstes sont bien loin du modèle idéal. Chaque DSI doit composer avec son environnement, la culture de l’entreprise, et préparer le terrain avant l’incubation et le déploiement des innovations.

 

L’écosystème

Dans un mode de plus en plus ouvert et interconnecté, le DSI doit, pour réussir sa propre transformation et dans certains cas assurer sa survie, se construire un écosystème de partenaires interne/externe solide et de confiance. Il pourra se reposer sur cet écosystème qui lui permettra de mener à bien ses nouvelles missions.

 

Alors quelle démarche adopter en 2018 pour ne pas se faire surprendre par les tendances technos ?

Si le virage de la disruption touche de plus en plus de secteurs, il n’en reste pas moins qu’il sera difficile à négocier à chaque fois qu’il se présentera à nous. Alors comment la DSI peut-elle s’y préparer afin de ne pas se faire surprendre le moment venu ?

 

Accepter la disruption

S’ouvrir à des environnements externes et des start-ups pour identifier les nouvelles technologies à intégrer, et les utiliser comme d’une force de traction pour aller de l’avant.

Faire de la veille pour informer et former les équipes à temps.

Favoriser un fonctionnement transversal voir en réseau avec les métiers et les partenaires externes

 

Tester et Apprendre

Prévoir désormais une partie du budget d’investissement aux études, à  l’innovation, aux POC. Ce qui permettra d’une part de tester avant d’adopter et d’autre part de conserver un mouvement vertueux permanent pour surmonter l’inertie opérationnelle et maîtriser son destin.

 

Activer l’agilité à grande échelle

Après s’être convertie elle-même à l’agile et au DevOps, la DSI doit en faire des standards de fonctionnement au sein de l’entreprise pour intensifier le rythme et renforcer la coopération. Afin que cela fonctionne, il faut gagner la confiance des décideurs métiers et constituer à cette fin des équipes beaucoup plus pluridisciplinaires.

 

Optimiser le rapport coûts de fonctionnement/performance

Etre encore plus exigent sur les fondamentaux afin de ne pas dégrader le niveau de service au quotidien et tirer le meilleur des services externalisés. Ne pas hésiter à recourir aux méthodes Lean si besoin pour optimiser le RUN.

 

S’adapter au risque en protégeant les actifs de l’entreprise

Dans un univers où les technologies évoluent et se complexifient, les sources de menaces informatiques sur les systèmes et les données sont également grandissantes. Il faut donc aussi faire évoluer les méthodes et outils de sécurisation, et avoir une approche dédiée afin d’aller au-delà des méthodes traditionnelles de contrôles qui atteindront très vite leur limite. L’intégrer très en amont des projets permettra de sensibiliser les parties prenantes.

 

 

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