Portée par la volonté gouvernementale et le contexte économique, l’industrie 4.0 gagne du terrain. Si ce concept ouvre de belles perspectives à nos entreprises, il recouvre également de nombreux défis, notamment pour les DSI. Pourtant, peu d’entre eux se sont exprimés sur ce sujet. Raison pour laquelle nous sommes allés à la recherche de témoignages existants et avons aussi interrogé la communauté Atout DSI sur les défis de l’industrie 4.0.

 

Lancé en 2011 à la Foire d’Hanovre en Allemagne en réaction à la concurrence accrue des pays émergents, notamment la Chine, le concept d’Industrie 4.0 a désormais gagné la France, porté par notre ancien Ministre Macron. Cette approche, qui selon certains analystes serait le point de départ de la quatrième révolution industrielle, définit une nouvelle organisation des usines. Son objectif ? Mettre en place des « smart factories » (usines intelligentes) favorisant une plus grande adaptabilité dans la production et une allocation plus efficace des ressources. A cet effet, l’industrie 4.0 s’appuie sur l’internet des objets et la connexion de l’usine au réseau internet. Le concept permet notamment de rendre l’outil de production plus agile. L’une de ses applications les plus répandues est actuellement la maintenance prédictive qui permet de surveiller le vieillissement des machines via des capteurs pour réduire les coûts et augmenter la productivité des installations.

 

Comment se concrétise l’industrie 4.0 ? 

Aujourd’hui, certaines entreprises industrielles ont déjà dépassé le stade de la prise de conscience et se sont engagées sur le chemin de l’industrie 4.0. C’est notamment le cas de Michelin dont le Président Jean-Dominique Senard entend faire « un leader du monde digital » en transformant l’entreprise en un fournisseur de mobilité. Cela passe par des « actions de fond dans l’entreprise comme le développement de réseaux sociaux, du travail collaboratif et des actions vers les clients, telles que la création de Via Michelin, mais aussi par la libération des énergies et l’acquisition ciblée de compétences agiles et plus digitales ».

 

Une approche qui, pour être couronnée de succès, doit être portée par la direction générale et qui nécessite l’implication et la concertation des métiers et de la DSI.

 

Quelle place pour le DSI dans les projets de transformation digitale des industries ?

Ces derniers ont bien un rôle important à jouer dans la transformation digitale des industries.

 

Pour Philippe Paban, DSI de Renault, l’IT est au cœur de la transformation digitale. « L’IT doit saisir les opportunités du numérique afin d’accélérer les transformations des usages, développer de nouveaux services de mobilité, des solutions et des façons de travailler, en se positionnant comme architecte et connecteur, comme il le déclarait au Journal des Grandes Ecoles et Universités en mai dernier. Il doit être au minimum le socle ou la plaque tournante de la transformation digitale. Son rôle consiste également à assurer l’excellence opérationnelle et à délivrer les solutions agréées avec ses collègues des métiers ».

 

Jean-Charles Hardouin, DSI d’Arkema témoignait pour sa part lors des Rencontres CapGemini organisées en juin dernier à Lyon « qu’il est important de savoir prendre suffisamment de hauteur par rapport au sujet pour se projeter sur 3 à 5 ans tout en trouvant les bons sujets courts termes pour développer « l’empowerment ». En effet, nous oublions parfois que de tels projets ne seraient possibles sans les hommes et qu’il faut aussi embarquer les équipes de la DSI, des métiers et des usines ».

 

Pour autant, les DSI ne se voient pas toujours confier le pilotage de ces projets, qui leur est âprement disputé par les CDO (Chief Digital Officer).

 

 

Que pense la communauté Atout DSI du rôle du DSI de l’industrie dans un projet de transformation digitale ? Voici deux témoignages :

 

Pierre Duran Campana - Reference DSIPierre Duran-Campana, DSI en temps partagé de REFERENCE DSI

« Les DSI de l’industrie sont encore très focalisés sur leurs projets ERP. Cependant, leur vrai défi n’est pas là. Il consiste aujourd’hui davantage à créer de nouveaux services. Or, pour y parvenir, il leur faut s’engager dans une veille efficace afin notamment d’anticiper sur une possible ubérisation de leur secteur ! »

 

 

 

 

Thierry Hinfray - transformation digitale - Atout DSI

Thierry Hinfray, DSI d’Eolane La Financière de L’Ombrée :

« Le challenge de l’industrie 4.0 est l’agilité. Le métier du DSI consiste à accompagner la transformation digitale pour l’industrie 4.0. Cela passe notamment par la mise à disposition dans les usines des outils matériels/logiciels/réseaux qui sont déjà passés du monde grand public au monde de l’entreprise et ce, tout en garantissant leur robustesse et une sécurité non négociable. Cette démarche fait ainsi émerger de nouveaux usages et intègre les usines au sein des entreprises comme l’ont déjà été il y a 10 ou 20 ans les pratiques commerciales ou marketing à travers des ERP ou des CRM. Aujourd’hui, plus personne n’est étonné de connaitre l’avancement de sa commande en consultant un site internet. Demain, les clients ne seront également plus étonnés de connaitre en temps réel l’avancement de la fabrication en usine du produit qu’ils auront commandé et de disposer des images de sa fabrication en direct ! »

 

(Retrouvez l’intégralité de son témoignage dans ce second article).

 

 

Pour découvrir sur d’autres problématiques des témoignages de DSI suivez ce lien, et pour proposer votre propre témoignage contactez-nous !

 

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