Les entreprises s’inspirent de plus en plus des méthodes, notamment agiles, prônées par les startups. Une approche généralement porteuse d’innovation qui peut passer par l’ouverture de leur écosystème à ces jeunes sociétés. Des témoignages de Directions Générales, de Directions Métiers et de DSI permettent d’appréhender la réalité de ces pratiques de collaboration et du « transfert d’agilité » entre startups et grands groupes.

 

Incuber et innover

Selon une étude menée en 2016 par Bain & Company et Raise, 43 % des entreprises du CAC 40 disposent déjà d’un incubateur de startup ou d’un pôle d’innovation. « Il est presque impossible pour un grand groupe de suivre le rythme de l’innovation, déclarait ainsi au Monde en juillet dernier Michel Léger, vice-président exécutif innovation chez Ingenico (qui venait alors de racheter Think & Go, une jeune entreprise spécialisée dans les écrans connectés). Ce qui nécessiterait au moins cinq ans de développement par nos ingénieurs, à cause de la lourdeur des procédures, ne prend que 2 à 3 ans pour une startup ». Cette ouverture à l’écosystème peut être portée par différentes directions de l’entreprise, de la direction générale à la DSI en passant par d’autres directions métiers.

Chez CGA, filiale de la Société Générale, c’est ainsi la direction générale qui se fait l’ambassadrice de cette démarche. « Nous recevons ainsi une dizaine de start-up par moisdéclarait Stéphane-Alexandre Badoy, directeur général délégué de CGA (filiale de la Société Générale), au magazine Option Finance en avril dernierSi leur innovation nous intéresse, nous mettons alors en place un Proof of Concept (POC), une démarche de test qui nous permet de valider ou pas, soit l’acquisition de produits et services, soit des développements internes et de limiter ainsi les risques de pertes. Chaque trimestre nous testons ainsi deux à trois solutions… »

 

Participer et absorber

L’acquisition de la plateforme de financement participatif KissKissBankBank par la Banque Postale (annoncée le 28 juin 2017) vient elle aussi illustrer cette volonté d’accélérer l’intégration de pratiques « agiles ». Pour l’établissement bancaire, cette acquisition d’une pépite de la Fintech permet d’élargir l’offre de produits et services pour répondre aux attentes des clients ainsi qu’aux nouveaux usages bancaires. Rémy Weber, président du directoire de la Banque Postale précisant à l’AFP que les équipes de KissKissBankBank conserveront leur autonomie tout en apportant leur vision « alternative » et leur « agilité à construire des briques dont nous avons besoin et que nous ne savons pas souvent nous-mêmes construire » en raison de lourdeurs institutionnelles ».

 

Ouvrir la DSI et mutualiser les expertises

Si l’ouverture à l’écosystème est un exercice auquel les DSI sont tout particulièrement rompues depuis de nombreuses années, le phénomène tend actuellement à s’accélérer avec la structuration de la FrenchTech. D’autant que les jeunes pousses contribuent à changer le paysage de l’offre IT et numérique. Une offre sur laquelle les DSI ont tout intérêt à s’appuyer pour développer l’innovation au sein de leur organisation.

Les DSI n’hésitent pas à s’exprimer sur ce sujet, une démarche de dialogue au sein de leur écosystème et de leurs réseaux qui participe également à la diffusion d’une culture d’ouverture des entreprises.  Chadi Mraghni, alors DSI de l’UCPA, partageait ainsi en janvier dernier dans un post LinkedIn ses conseils pour une collaboration réussie avec des startups, nourris par deux ans de pilotage de l’innovation numérique du groupe : « Les entreprises vivent un paradoxe. D’un côté, compte tenu de la crise, il y a moins de moyens pour l’innovation et la R&D, de l’autre, l’entreprise doit innover tous les jours pour apporter un meilleur service à ses clients et se différencier. La solution se trouve dans « l’open innovation ». La mutualisation des expertises et savoir-faire (au delà des murs de l’entreprise) permet d’aller plus vite et à moindre coût. En particulier, le travail avec les startups accélère et facilite l’innovation ».

Un  constat également fait par Laurent Idrac, DSI d’AccorHotels: « Il faut savoir faire confiance à de petites sociétés, a-t-il ainsi déclaré dans les colonnes de notre confrère Alliancy. Se tourner vers l’extérieur permet que ce soit plus facile à l’intérieur. Il faut faire changer les mentalités, créer une culture de l’essai, de l’échec, une culture de la confiance. D’ailleurs, un des grands enjeux de la transformation numérique c’est le changement culturel qui n’est pas juste de l’appétence technologique. Il faut pousser le cross training et le reverse mentoring par exemple… »

 

Co-engager les parties prenantes

Travailler avec les startups requiert donc de suivre quelques règles de base, telle que la mise en place de nouvelles approches managériales et organisationnelles ou encore l’ouverture du SI via son APIsation. On ne parlera donc pas d’une « mise en bouteille » de l’agilité des startups mais bien plutôt d’une infusion puis diffusion de bonnes pratiques.

 

Pour aller plus loin sur ce sujet, retrouvez nos précédents articles :

-           « Start-up et DSI : Osez la Symbiose ! ».

-          « Le leadership partagé DSI-Startup : accélérateur de transformation numérique » (Par Anthony Hié, Directeur des SI & du Numérique (DSIN) de l’Institut Catholique de Paris)

 

 

Envie de commenter cet article ou de poser des questions complémentaires ? Inscrivez-vous sur Atout DSI !

FavoriteLoadingAjouter à mes favoris

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.