Loin d’être des évènements isolés et exceptionnels, les Fusions et Acquisitions (FUSAC) font au contraire partie de la vie des entreprises. Ce sont par essence des moments de transformation qui peuvent cependant se solder par de cuisants échecs comme de brillantes réussites. Dans tous les cas (surtout dans les meilleurs !), elles constituent pour la DSI non seulement une opportunité d’innovation au sein de son entreprise, mais également de redéfinition de gouvernance. Car intégrer en quelques mois le système d’information de la société acquise n’est pas uniquement une question de technologie, mais aussi d’organisation, d’Hommes et de comment redistribuer la valeur dans l’entreprise.

 

La tendance mondiale est à la multiplication des FUSAC

Entre 2010 et 2014, la plupart des grandes entreprises françaises ont eu à gérer 3 ou 4 acquisitions et une cession d’activité (source PwC). Au niveau mondial, l’année 2015 a même battu le record du volume de Merger & Acquisitions (M&A) avec 3.8 trillions de dollars en valeur, soit presque 3 500 milliards d’Euros. En 2016 les analystes prévoient une activité soutenue de M&A dans des industries confrontées à des marchés compétitifs et en ralentissement de croissance, comme les Télécoms, les Technologies et la Santé, ainsi que dans le secteur financier. Près de 60% des dirigeants mondiaux prévoient de mener des acquisitions sur l’année 2016, contre 40% l’année précédente (source EY).

 

Attention à réussir l’intégration IT après une FUSAC

Dans un précédant article pour Atout DSI, nous avions abordé Le défi de l’intégration IT après une fusion-acquisition et estimé que les fusions acquisitions sont valorisantes pour les entreprises à de nombreux égards : diversification de l’offre, renforcement face à la concurrence, acquisition de nouvelles compétences, relais de croissance, … Mais attention, car le succès de la nouvelle entité dépendra aussi de sa capacité à intégrer l’IT entre l’existant et l’arrivant, c’est-à-dire à rationaliser le paysage applicatif, homogénéiser l’architecture technologique, consolider l’infrastructure et optimiser les processus métiers. Vous retrouverez dans ce premier article une analyse sur le ROI attendu pour l’IT après une FUSAC et les principaux défis qui attendent le DSI dans ce contexte.

 

Au-delà de l’IT, l’impact « gouvernance » d’une FUSAC

Poussons maintenant un peu plus loin la réflexion : une Fusion & Acquisition n’est pas qu’un sujet financier et IT, mais également une affaire de gouvernance. Le développement des entreprises et leurs chances de réussite et de croissance ou de former les bonnes alliances, dépendent de l’analyse qu’elles feront en amont ou en aval de la FUSAC. Celles qui se donneront le plus de chances de succès se focaliseront sur leurs points forts et sauront déléguer certains aspects de l’IT pour se focaliser sur leur R&D, leurs développements, le recrutement de talents. Celles qui parviendront à faire travailler le marketing avec le département IT pour lancer vite de nouveaux services, casser les silos entre les directions, développeront aussi de sérieux atouts.

 

Entre fusion, acquisition et collaboration

On a pu noter aussi récemment la volonté de grands groupes de travailler avec des startups pour bénéficier de leur agilité et les « infuser » dans leurs process. Cette « transfusion » d’ADN de startup dans les noyaux des grandes entreprises s’accompagne souvent de changements dans la gouvernance et va dans le sens d’une externalisation des fonctions support et des SI. On le voit, que ce soit dans un contexte de multiplication et d’accélération des fusions & acquisitions ou de collaboration entre deux entreprises, l’enjeu est en fait autour de la gouvernance. DSI et Directions Générales devront choisir quel rôle elles veulent donner à leur système d’information, pour mettre les investissements sur le développement de richesse pour l’entreprise, plutôt que sur la maintenance et le fonctionnement quotidien de l’IT.

FavoriteLoadingAjouter à mes favoris

Une réponse

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.