Les projets BI qui étaient jusqu’alors l’apanage de la Direction Générale et de la DSI et surtout réservés au reporting financier gagnent les directions métiers. En effet, la tension économique actuelle rend nécessaire une meilleure compréhension des marchés et des comportements clients. Chaque acteur de l’entreprise doit par ailleurs disposer de KPi’s pertinents pour suivre son activité, fixer ses objectifs et manager ses équipes.

Mais, malgré une certaine démocratisation des outils et des pratiques et tous les efforts déployés, les données, véritable richesse de l’entreprise, restent sous exploitées – et l’émergence du big data renforce ce sentiment.

Et si le secret de la réussite était la mise en œuvre d’une nouvelle collaboration entre la DSI et les métiers ?

 

La gouvernance des projets de Business Intelligence échappe désormais à la seule DSI

Il était un temps, encore pas si lointain, où la DSI était toute puissante et où la Business Intelligence était intimidante pour les acteurs métiers de l’entreprise car les outils associés perçus comme complexes – Il est vrai qu’il fallait de vraies compétences d’ingénieur pour arriver à paramétrer les tableaux de bord ou rapports requis, et cela relevait alors plus d’un « développement » adhoc que d’un simple paramétrage.

Aujourd’hui, la DSI ne pilote plus que 2/3 des projets BI, alors que la DAF est le co-pilote dans 45% des cas (Baromètre Business Intelligence 2014 -  Jemm Research pour SAP- 2014).  La direction commerciale commence elle aussi à prendre en charge l’analyse des données, à l’occasion de projets CRM.

Dans 38% des organisations, les équipes dédiées au décisionnel sont constituées en dehors de l’IT  alors que cette proportion était proche de zéro il y a cinq ans (Etude IDC pour l’éditeur SAS- 2013).
La DSI  est même perçue par certains interlocuteurs métiers comme un obstacle plus que comme un facilitateur.

Il est temps pour les DSI de réagir !

 

L’émergence de la BI self-Service démocratise la Business Intelligence tout en créant une nouvelle répartition des rôles

Avec la montée en puissance des solutions SaaS dotées d’interfaces utilisateurs « userfriendly », les directions métiers ne veulent plus être les consommatrices d’une information pré-formatées pour elles, et deviennent acteurs de leurs propres analyses.

Le concept de BI pour tous ou de BI Self-Service fait de plus en plus d’adeptes, certains modules étant même intégrés aux suites bureautiques.

Si elle veut garder la main, la DSI doit accompagner cette prise d’autonomie des utilisateurs finaux dans la conception et la gestion de leurs outils d’analyse.
Elle pourra ainsi profiter de ce temps libéré pour se recentrer sur des missions à valeur ajoutée telles que :

-           la qualité des données et la sécurisation des processus d’alimentation,

-          la mise à disposition d’un socle d’outils communs,

-          la co-construction d’un datamart et d’un vocabulaire dédié à chaque métier.

C’est le meilleur moyen d’éviter l’anarchie dans l’interprétation de la donnée, et de constituer un socle de données contrôlées, mises à la disposition du plus grand nombre, tout en disposant d’une équipe d’experts pour les analyses plus complexes.

 

Une évolution nécessaire du rôle de la DSI dans les projets décisionnels pour se réconcilier avec les direction métiers

Oui, les DSI doivent continuer à avoir un rôle important dans ces projets stratégiques, car ne s’improvise pas gestionnaire  des données qui veut.

Cela passe par une nouvelle répartition des rôles et par le développement de nouveaux services.

Le DAF a su sortir de sa tour d’ivoire depuis plusieurs années déjà, c’est maintenant au tour de la DSI de se transformer.

Opportunités pour la DSI

Comment ?

Etre le partenaire business de la DG Mettre en place une gouvernance partagée du projet décisionnel qui devient alors un véritable projet d’entreprise dont le sponsor est la DG et la DSI le bras arméCo-construire la BI avec les directions métiers et mettre en place des KPis en phase avec le business plan
Renforcer la qualité et la sécurité des données Tendre vers une base commune et centraliséeRéduire la pratique de l’exelomania  afin d’éviter le chacun pour soi et la divergence des chiffresMettre à disposition des métiers un datamart contrôlé et certifié qui permettra à tous de partager une vision commune sur la base de données fiables
Soutenir le mouvement de démocratisation de la BI dans l’entreprise afin de libérer du temps pour les tâches à valeur ajoutée Nommer et former des utilisateurs référents dans chaque direction métierElaborer avec eux un guide de bonnes pratiques autour de la gestion et de l’accès aux données, en visant le « tous responsables »Mettre en place une bibliothèque de tableaux de bord et rapports personnalisables
Accompagner le changement et soigner sa communication Ne pas oublier de communiquer tout au long du projetOrganiser des présentations en avance de phase auprès d’utilisateurs pilotesRenforcer la collaboration inter services, recruter des ambassadeurs

Ressources

A propos de l’étude Baromètre Business Intelligence 2014 Le baromètre Business Intelligence 2014 a été réalisé par le cabinet Jemm Vision sur la commande de l’éditeur SAP. Il est basé sur une étude réalisée entre décembre 2013 et janvier 2014 auprès de 62 collaborateurs en charge de la business intelligence dans des entreprises et administrations françaises. Le faible nombre de répondants implique une certaine prudence sur les mentions chiffrées. En savoir plus…
 
A propos de l’étude IDC pour SAS L’étude IDC a été réalisée pour l’éditeur SAS auprès de 578 dirigeants informatiques, responsables métier et cadres du décisionnel.
Les directions métier de grands groupes, aux États-Unis, en Europe et en Asie, considèrent l’IT comme un frein plutôt qu’un soutien à la mise en œuvre d’une stratégie analytique efficace, d’après IDC. Au lieu de s’appuyer sur les compétences informatiques internes, les responsables métier préfèrent donc utiliser leurs propres ressources – analystes, données et outils. En savoir plus… 
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2 Responses

  1. Et si les nouveaux outils de business intellige...

    […] Les projets BI qui étaient jusqu’alors l’apanage de la Direction Générale et de la DSI et surtout réservés au reporting financier gagnent les directions métiers. En effet, la tension économique actuelle rend nécessaire une meilleure compréhension des marchés et des comportements clients. Chaque acteur de l’entreprise doit par ailleurs disposer de KPi’s pertinents pour suivre son activité, fixer ses objectifs et manager ses équipes. Mais, malgré une certaine démocratisation des outils et des pratiques et tous les efforts déployés, les données, véritable richesse de l’entreprise, restent sous exploitées – et l’émergence du big data renforce ce sentiment. Et si le secret de la réussite était la mise en œuvre d’une nouvelle collaboration entre la DSI et les métiers ?  […]

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