Conseil de lecture pour DSI (et CDO) : « Napoléon, Hannibal… ce qu’ils auraient fait du digital », les grands hommes face aux grands changements ». Ce livre de Laurent Moisson fait partie de notre « Top 7 des livres à lire quand on est DSI… en transformation numérique ».

 

Laurent Moisson - Atout DSI

Pour aller plus loin, nous avons demandé à l’auteur de nous aider à choisir quelques passages utiles pour la communauté Atout DSI, parce que « les leçons fournies par nos anciens sont souvent bien plus éclairantes que le flot continu d’anglicismes qui nous submerge jour après jour ».

Un message et un ton direct que Laurent Moisson distille également pour les grands patrons, comme dans cette vidéo délicieusement caustique, préparée en teaser du prochain Cristal Festival.

 

Revenons donc avec lui sur la bataille en cours au sein des entreprises, pas forcément au désavantage du DSI !

 

DSI vs Direction Digitale, une concurrence récente qui ne durera pas

Ce sujet, traité dans le 4ème chapitre du livre, fait référence à la lutte d’influence qui s’est installée entre ces deux directions, DSI et CDO. Une lutte que Laurent Moisson compare avec l’histoire de la deuxième guerre punique (218 avant JC, les légionnaires citoyens de Rome menés par Scipion face aux mercenaires de Carthage menés par Hannibal. Autrement dit un choc des civilisations et des cultures.) Bien que partie en retard et alourdie par ses traditions, la légion finira par triompher lors de la bataille de Zama en -202. Voici comment.

« Toute l’organisation des légions fut revue de façon à ce que la créativité militaire sans limite de Scipion ne soit plus handicapée par le manque de souplesse de ses troupes. Le changement de glaive fut un point (NDLR : oui, avant les légionnaires avaient des épées plus longues et des lances, ainsi qu’un mysticisme et des dogmes qui les rendaient prévisibles), mais certainement pas l’innovation principale : c’est l’usage de ces armes qui fut modifié ainsi que la culture, l’éthique du commandement des chefs de guerre romains. Scipion (…) fit passer les armées romaines dans l’ère du pragmatisme. »

 

La DSI s’ouvre aux usages grand public et renonce au mythe du contrôle absolu

« Bien des DSI sont restées à l’écart de la culture digitale « grand public » parce qu’elles n’ont pas eu en charge les canaux digitaux et leur face à face inévitable avec les clients. C’est par un biais détourné qu’elles ont dû se convertir à cette culture » (NDLR : en faisant face à l’arrivée en entreprise des iPhones, iPads, puis des réseaux sociaux et aujourd’hui de leurs déclinaisons professionnelles).

« Des nouveaux venus (Salesforce, Google Apps, Microsoft 365…) ont confronté les DSI à leur troisième grand sujet du moment : le cloud qui est en train de changer radicalement leur rapport à la sécurité (NDLR : et au contrôle). (…) Par cette évolution les DSI sont aujourd’hui bien plus pertinentes et compétentes sur le digital. Faisant cohabiter des expertises sur la sécurité, l’innovation, la rapidité et l’industrialisation, elles sont, pour beaucoup d’entre elles capables de prendre des risques maîtrisés et d’expérimenter sans mettre en danger l’existant. Des éléments cruciaux dans une période où les choses bougent si vite qu’il est difficile de se construire une vision stable à moyen terme. En cela elles sont en mesure de reprendre certaines des prérogatives qu’elles ont perdu au profit des directions du digital. »

 

Des directions du digital éphémères ?

« En plus de la montée en compétences des DSI, plusieurs facteurs menacent l’existence des directions digitales.

  • La première est que la raison d’être des directions digitales est de piloter les canaux digitaux. Or (…) le digital est en train de sortir de ces canaux et (…) menace de les faire disparaitre. Les directions digitales sont nées avec la politique multicanal, elles peuvent mourir avec cette dernière. (…)
  • La deuxième est que les projets digitaux sont devenus tellement importants qu’ils ne peuvent plus vivre leur vie indépendamment de l’infrastructure informatique. Ils doivent maintenant se connecter au système d’information. Le volume des équipes impliquées dans ces travaux, les enjeux grandissants de sécurité, introduisent des préoccupations qui sont bien plus proches de la culture informatique : industrialisation, performance, sécurité, évolutivité, réplicabilité.
  • La troisième est que les métiers ont parfois tellement pris la main sur les projets digitaux que certaines situations sont devenues intenables. Court-circuitant les DSI pour piloter en direct un grand nombre d’agences, développant sur une multitude de technologies avec une qualité de livrables pour le moins inégale, leur action a pu les mener à des situations inextricables : des forêts de sites web ou d’applications informes, complexes et coûteuses à entretenir. (…)

Dans une révolution, les premiers mouvements de balancier sont souvent excessifs. Ceux qui ont dessaisi les DSI des problématiques digitales est probablement de ceux-là. On leur reprochait leur lourdeur, leur obsession pour la sécurité, leur manie du process… Mais bien souvent trop de liberté mène à l’anarchie. Et après l’anarchie vient le retour de l’ordre. C’est en cours, les DSI s’y préparent. (…) Et attendons-nous à ce que les DSI et les directions digitales se rapprochent. Reste à déterminer à l’avantage de qui. »

 

Sur le sujet DSI vs CDO, retrouvez également notre article « DSI et CDO, coureur de fond et sprinteur de la transformation numérique ».

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A propos des contributeurs

Laurent Moisson - Atout DSI

Laurent Moisson, 42 ans, maîtrise d’Histoire, master en marketing, est entrepreneur et business angel dans le digital depuis plus de 15 ans. Il est membre du comité exécutif de Business & Décision. Auteur ou co-auteur de plusieurs ouvrages et livres blancs sur le digital, il dirige la « Splendens Factory », une maison de production de contenus qui connecte les marques à des collectifs d’artistes nativement digitaux afin d’apporter créativité et enchantement aux parcours clients, aux dispositifs digitaux ou publicitaires de grandes enseignes. Retrouvez-le également sur son blog histoirebusinessetconfiture.fr

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