Jacky GALICHER - ACADEMIE DE VERSAILLESLa confiance est un des piliers de la sécurité. Mais en qui avoir confiance quand près d’un candidat à l’emploi sur deux triche sur son CV ? En effet, le phénomène de la « fraude au C.V. » se révèle bien plus répandu qu’on ne le croit. Pour lutter contre ce fléau qui concerne les établissements d’éducation mais aussi les employeurs, leurs partenaires et tout leur écosystème, certains établissements commencent à mettre en œuvre des solutions de certification digitale des diplômes. Jacky Galicher, DSI de l’Académie de Versailles, a accepté de livrer à Atout DSI son expérience sur le sujet.

 

Une étude a été réalisée en février 2013 par le cabinet de recrutement Florian Mantione Institut. Les 352 entreprises et directeurs de ressources humaines interrogés avaient alors répondu que 33% des candidats s’attribuaient souvent ou toujours un faux diplôme. Ce phénomène vient d’être illustré par un journaliste d’ »Envoyé spécial » qui a réussi à se faire embaucher comme professeur contractuel avec de faux diplômes. La fraude aux compétences et aux attestations d’études constitue donc un enjeu de société majeur souvent facilité par les nouvelles technologies.

 

Certifier les diplômes et attestations pour lutter contre la fraude

Forte de cette conviction l’académie de Versailles a, dès 2014 expérimenté avec succès dans deux lycées pilotes la certification numérique des diplômes au bénéfice de leurs élèves nouvellement diplômés. Elle y a déployé la solution de certification, d’authentification et de vérification des diplômes et attestations de formation Smart Certificate de la société CVTRUST. Cette solution fiable, sécurisée (intégralement hébergée dans l’infrastructure de l’académie) et économique a permis de délivrer numériquement des attestations de diplômes avec un niveau d’intégrité attendu par les institutions, les lauréats et les recruteurs, qu’ils soient nationaux et internationaux. Elle a offert également aux intéressés l’opportunité de gérer et de partager à terme tous leurs diplômes, certificats et attestations au sein des réseaux sociaux et professionnels.

Il s’agit par ailleurs d’un moyen sûr pour les écoles et les employeurs potentiels de s’assurer de la validité et de l’intégrité des certificats de formation des candidats diplômés. Pour leur part, les proviseurs pourront désormais mieux suivre le devenir scolaire et professionnel des cohortes de diplômés ayant quitté leur établissement.

 

La DSI de l’Académie de Versailles plébiscitée

La solution Smart Certificate est accessible depuis une plateforme centralisée et sécurisée sur Internet. Elle est hébergée dans les centres de données de la DSI académique sous le nom de domaine de l’académie de Versailles. Cet hébergement au sein de la DSI académique assure ainsi la sécurité et le contrôle sur l’application web principale, ainsi que sur toutes les applications tierces auxquelles elle est connectée. Grâce à ces précautions, la DSI garantit l’exigence absolue d’intégrité en gardant la maitrise de toute la chaîne de production et de gestion de tous les éléments d’information liés aux diplômés à l’intérieur du système d’information de l’académie.

Ainsi, cette solution répond aux exigences de valeur juridique et de pérennité puisque l’académie de Versailles opère sur une plateforme Internet sécurisée. Dès lors, avec la solution Smart Certificate hébergée au sein de l’infrastructure de la DSI et interfacée avec les différents acteurs présents sur l’ensemble du cycle de production des attestations d’étude, l’académie garantit l’intégrité de leurs données, leur pérennité ainsi que leur valeur probante.

 

Un succès qui fait des émules

Face au succès remporté par cette expérimentation (30% des jeunes diplômés ont répondu à cette offre dès le premier envoi du lien d’inscription), le recteur de l’académie de Versailles a, en juillet 2015 manifesté sa volonté de généraliser cette expérimentation par l’acquisition de la solution à travers un marché public. Pour la session 2015 du baccalauréat et du B.T.S, l’expérimentation s’est étendue à 38 lycées 13.000 élèves étaient alors concernés. Ils se sont vus délivrer leur diplôme en version papier accompagné d’une attestation numérique du diplôme. Depuis, plusieurs autres établissements ont mis en œuvre cette solution, parmi lesquels des établissements de l’Institut Mines-Telecom (dont l’Ecole des Mines d’Albi-Carmaux), l’INSEAD, HEC, Sciences-Po Paris, l’ESCP Europe ou encore des institutions à l’international comme le MIT SLOAN et l’IMD. Récemment, l’université Pierre et Marie Curie – Sorbonne Universités a annoncé lancer ses premiers certificats digitaux.

 

Le certificat numérique, un avenir « hors des murs » des écoles

Suite à l’annonce de la digitalisation des attestations de diplômes nationaux du secondaire et du supérieur par la Ministre de l’Education Nationale en janvier 2016, le recteur de l’académie de Versailles, Daniel Filâtre, a souhaité, dans l’attente d’une solution nationale, recueillir l’assentiment de l’administration centrale afin de permettre aux lycées de l’académie de souscrire à l’offre académique de certification numérique des diplômes pour la prochaine session d’examen.

Enfin, n’oublions pas que la certification numérique dépasse largement le cadre des diplômes et concerne l’ensemble des services de l’Etat. Aussi, on ne peut que souhaiter que le secrétariat général pour la modernisation de l’action publique (SGMAP), placé sous l’autorité du Premier ministre, se saisisse de ce dossier afin d’offrir une solution unique à partir des expérimentations et des solutions mises en œuvre dans les différents ministères.

 

 

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