Pierre Eric Cognard DSI Monin - Atout DSIA travers le témoignage de Pierre-Eric Cognard, DSI Groupe de Monin et directeur digital, nous plongeons dans l’univers des sirops, liqueurs et purées de fruits, un métier de spécialiste dans lequel cette entreprise française familiale excelle depuis plus de 100 ans.

Crée à Bourges en 1912, Monin a ces dernières années développé sa présence internationale avec une distribution dans plus de 140 pays. Une croissance internationale que la DSI doit savoir accompagner, une part importante des ventes étant désormais réalisées hors de France avec 5 usines, aux Etats-Unis, en France, en Chine et en Malaisie. L’entreprise est également entrée dans l’ère du numérique, un nouveau terrain d’expérimentation où Marketing et DSI sont deux éléments clés du cocktail digital !

 monin vignette Atout DSI

Quelle est la mission de la DSI chez Monin ?

J’ai en fait été recruté fin 2015 en tant que DSI Groupe et Directeur Digital pour accompagner la transformation digitale du groupe Monin. Ma vision de la DSI est donc au croisement des débats actuels sur le rôle du DSI versus le rôle du CDO. Mon approche de la transformation se fait aussi en collaboration avec la direction marketing avec qui nous avons créé un pôle digital. Nous développons ce pôle digital comme un projet appelé à s’enrichir au fur et à mesure et qui pourra à terme devenir un Lab mettant à disposition des outils pour l’interne et nos clients.

[Retrouvez sur ce sujet notre article « DSI et CDO, coureur de fond et sprinteur de la transformation numérique »]

 

Comment le Marketing et la DSI travaillent-ils ensemble ?

En fait aujourd’hui Monin ne vend pas du sirop mais des solutions à des professionnels. Notre activité est dans une logique B2B2C car nos clients sont les distributeurs de boisson ou les hôtels, les bars, les restaurants… et le produit transformé est finalement consommé dans ces lieux de consommation. Notre approche auprès d’eux est très orientée service, avec une dimension numérique qui correspond à l’évolution des usages de ces professionnels. Nous fournissons ainsi à nos clients des « digital assets » (des outils marketing, une base de données avec des recettes de cocktail…) et nous nous positionnons aussi dans le monde physique en véritable acteur des tendances avec nos studios « showrooms du sirop » où un professionnel peut par exemple apprendre comment utiliser de nouveaux goûts de sirops innovants parmi plus de 100 parfums.

Cette dimension « digital assets » est un chantier commun à la DSI et à la direction marketing. Nous réalisons dans le cadre de ce pôle la refonte complète du site web Monin. Nous travaillons aussi à une meilleure utilisation de nos studios pour produire des contenus digitaux.

 

Quels choix avez-vous fait pour accompagner la forte croissance internationale de Monin ?

Nous avons fait le choix d’externaliser en datacenter nos outils de gestion mais de garder la main sur l’informatique de notre outil de production, internalisée dans nos datacenters proches de nos sites de production (deux usines en France, une aux Etats-Unis, une en Chine et une en Malaisie).

Un de nos projets clés est la remise en cohérence des infrastructures. Nous démarrons la construction d’un réseau monde pour que la Chine, la Malaisie et la France opèrent un réseau avec le même niveau de service. Nous sommes en train de revoir notre logique de licences logicielles par une approche mondiale, démarche que nous appliquons aussi à nos investissements matériels.

 

Comment gérer vous le grand écart entre la DSI de « production » et la « DSI numérique » ?

C’est parfois compliqué de faire le lien entre les problématiques opérationnelles de l’ERP, la gestion des modules et des projets digitaux ou d’application mobile pour lesquelles l’enjeux est très marketing. Mais le métier de DSI aujourd’hui c’est cela, on ne peut plus être caché derrière les infrastructures et la relation avec les gros éditeurs et constructeurs. Le DSI soit savoir jongler et prioriser pour répondre aux besoins de l’entreprise, en d’autres termes être agile, en comprenant les besoins réels et en rendant un service aux utilisateurs. Pour y réussir la DSI doit se poser en réel chef d’orchestre pour ces clients internes et externes.

Aujourd’hui notre problématique la plus complexe est de faire le lien entre le monde de l’industrie et le monde de la gestion et du « marketing digital », qui correspondent à deux systèmes d’information. Mais les notions de système d’information industriel et de système d’information de gestion vont évoluer. Pour moi cela correspond à la 2ème vague de la transformation digitale, vers une intégration complète et transverse du digital dans les processus et métiers de l’entreprise avec plus d’efficience.

 

Comment la DSI de Monin travaille sa proximité avec le métier et les utilisateurs ?

Nous avons un parcours d’intégration dont nous sommes très fiers. Les nouveaux, y compris les nouveaux à la DSI, passent tous une semaine à tous les postes, du marketing à la production, en passant par les RH, la comptabilité et les différents services de la DSI. En tant que DSI j’ai ainsi fait du sirop, ce qui permet de garder le contact avec la réalité du terrain !

 

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