Nous avons demandé à Arlette Quilleré, DSI de la Centrale de Règlement des titres, de réagir à l’article de Monique Pierson sur la gestion des talents et compétences. Voici son éclairage sur l’évolution du métier de développeur et le rôle clé des architectes applicatifs.

Arlette Quilleré a fait évoluer plusieurs de ses développeurs vers ce rôle clé d’ « architecte applicatif » qui est amené à prendre encore plus d’importance à l’avenir au sein des DSI. Pour ces évolutions, 10 jours de formation initiale et 12 demi-journées de formation auront été nécessaires. Et surtout il aura fallu en amont identifier les membres de l’équipe ayant les bonnes compétences, le talent et l’envie de changer de métier.

 

L’évolution du métier de développeur

Quand on compare deux développeurs on peut voir des différences notamment dans la qualité de leur code et leur vitesse de développement. Ils maîtrisent tous les deux la même base, et un esprit logique et structuré.

L’architecte applicatif a une vue d’ensemble du système (comme un chef d’orchestre) et gère donc la complexité. Les développeurs type Java ou .net  (membres de l’orchestre) ont une vue plus fragmentée du composant sur lequel ils travaillent et de sa place dans le système,  mais avec l’objectif de réutilisation de code ou de services déjà existants

En effet, on demande aussi aux développeurs de savoir participer à une bibliothèque de code et de penser à la réutilisabilité de leur code. Car être capable de faire techniquement, « seul dans son coin » n’est pas ce qui est recherché dans les DSI. La véritable compétence du développeur est désormais de s’appuyer sur une base de connaissance existante, interne à l’entreprise ou externe en mode open source.

Cette capacité à réutiliser, en respectant les anciennes méthodes et tests de non-régression, doit aussi aujourd’hui pouvoir se coupler aux méthodes agiles. Le gain : plus de rapidité dès le maquettage, d’interactivité avec les utilisateurs et donc d’efficacité.

 

Mais l’expertise purement technique sera demain de moins en moins nécessaire.

Aujourd’hui, la maîtrise de .Net ou Java est clé. Mais avec le développement du RAD (Rapid Application Development) il arrivera un moment où la connaissance d’un langage ne sera plus nécessaire. Si cette transformation ne touche pour le moment que le back office bientôt elle touchera tous les aspects du SI dont il suffira d’assembler des briques.

Mais quelle que soit l’évolution du métier, l’étape d’expression des besoins devra toujours être extrêmement bien cadrée. Les développeurs devront donc plus que jamais faire preuve d’une bonne écoute et d’une bonne capacité de reporting.

 

L’impact de l’intelligence artificielle

Plus encore, avec le développement de l’intelligence artificielle, c’est une véritable connaissance métier qui sera nécessaire pour les équipes IT.

Le principe même de l’intelligence artificielle étant de ne pas comprendre le métier, puisqu’elle est auto-apprenante et va trouver son propre mode de fonctionnement, seule l’expérience d’un humain permettra de valider les résultats fournis par la machine. A condition que l’humain ait cette capacité de valider.

 

Zoom sur le métier d’architecte applicatif

L’architecte applicatif est un métier clé appelé à prendre de plus en plus d’importance au sein des DSI. Les talents qui lui sont demandés sont plus axés sur la capacité d’interaction avec les autres métiers de l’entreprise.

Car l’architecte est le chef d’orchestre, qui va structurer et découper le travail de développement applicatif puis récupérer et consolider les résultats dans l’application. Or, on peut être excellent musicien mais ne pas savoir mettre toutes les partitions en musique.

Il est donc important de bien identifier les compétences et talents de l’équipe DSI pour détecter des personnes susceptibles d’évoluer vers cette fonction d’architecte applicatif.

 

Quels compétences et talents sont demandés à l’architecte applicatif :

Compétences demandées :

-          Des compétences techniques

-          La connaissance métier

 

Talents/aptitudes nécessaires :

-          La rigueur

-          La pensée conceptuelle et analytique

-          L’esprit de synthèse

-          La capacité à gérer une grande quantité d’information et la complexité

-          Des qualités humaines comme la volonté d’évoluer, la résilience, le goût pour le travail en équipe.

 

L’alliance de ces talents et compétences feront qu’un architecte talentueux trouvera une solution élégante qui amènera aussi de la facilité de maintenance et de la réutilisabilité !

Vous pouvez trouver ces compétences à l’extérieur, via les SSII. Mais vous pouvez aussi penser à l’évolution de votre équipe et identifier au sein de votre DSI des personnes avec un bon mix de compétences et talents, et cette volonté d’évoluer.

La responsabilité du DSI sera de les former et les accompagner pour intégrer la fonction « architecte applicatif » dans l’organisation. En effet, cette intégration doit se faire autant au sein des équipes IT qu’à l’échelle de l’entreprise car l’architecte applicatif a un rôle transverse qui correspond à l’évolution actuelle de la DSI, au contact des métiers.

 

 

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