DSIN de Colliers International, groupe spécialisé dans les services immobiliers d’entreprise, Malika Pastor mène des actions concrètes pour réduire l’impact énergétique de la fonction informatique. Rationalisation de l’infrastructure, dématérialisation, sobriété numérique… la récente lauréate du prix “DSI for Good” décerné lors du prix du DSIN de l’Année 2019 revient sur ses réalisations.

Quelle a été votre première action “green IT” à votre entrée en fonction en 2017 ?

Malika Pastor : Elle a porté sur la modernisation de l’infrastructure, Le groupe Colliers International s’est beaucoup construit par croissance externe. Au gré des fusions et acquisitions, son architecture technique s’est progressivement ankylosée. Nous avons procédé à une réduction du nombre de datacenters et des sites ont été mutualisés pour constituer une architecture cloud hybride, résiliente et orientée services. Le recours au cloud public concerne uniquement les données dites non-sensibles.

Cette rationalisation “serverless” a permis d’alléger les coûts directs et indirects en diminuant fortement le nombre de mètres carrés alloués ainsi que les risques opérationnels. La consommation électrique a, elle, aussi baissé. Le principe avant ma prise de fonction était d’héberger une application unique sur un serveur dédié : 80 % des ressources de chaque serveur n’étaient pas utilisées et donc très éloignées d’un mode de serveur virtualisé.

La DSI s’est affranchie d’infrastructures complexes pour se rapprocher des métiers et s’est aussi attelée au recyclage DEEE des équipements en fin de vie ou à des dons à des associations. Nous avons aussi convaincu les opérationnels de changer de téléphone mobile seulement tous les trois ans et non tous les deux ans comme nous incitent les opérateurs de téléphonie mobile. Après benchmark, le parc d’ordinateurs portables a quant à lui, été renouvelé de manière homogène d’un tiers par an pour tenir compte des amortissements et lisser ainsi les dépenses.

Comment avez-vous fait pour rationaliser le parc d’imprimantes ?

MP : L’autre volet du programme concerne, en effet, le “paperless”. Il y a quelques années, des utilisateurs disposaient encore d’imprimantes individuelles. Nous avons procédé à une rationalisation du parc d’imprimantes à raison d’un copieur partagé par plateau. Cela a entraîné une diminution de 47 % de la consommation électrique du parc d’impression.

Dans le cadre de la stratégie RSE de Colliers pour 2020 qui comprend une cinquantaine d’actions, il est prévu de décommissionner encore 50 % de ces copieurs. Nous partons du postulat qu’un collaborateur n’imprimera que le strict nécessaire s’il doit effectuer un long déplacement entre son bureau et le copieur le plus proche.

Par ailleurs, les collaborateurs ne disposent plus que d’un mètre linéaire pour l’archivage de leurs documents. Le reste de leurs archives papier est numérisé à l’aide de scanners et est disponible en ligne dans le cloud. Les factures ont aussi été majoritairement dématérialisées, de même que les bulletins de paie que les salariés retrouvent dans leurs coffres-forts électroniques individuels.

Quels ont été les impacts pour le poste de travail ?

MP : Les nouvelles technologies permettent de revoir la notion même de poste de travail en Digital Workplace, un environnement ultra-connecté, unifié et ubiquitaire. Le smartphone, l’ordinateur portable favorisent le travail flexible et collaboratif à distance. Les employés passent de plus en plus de temps hors des murs de l’entreprise, chez le client, en télétravail, dans un tiers-lieu.

Colliers International a observé un taux d’occupation de seulement 64 % de son siège social. Sur la base de ce constat, il n’y a désormais plus de bureau attitré à l’exception des fonctions opérationnelles support qui restent sédentaires. Les collaborateurs se regroupent en fonction des projets, ce qui favorise l’intelligence collective.

Ils se voient aussi attribuer chaque année des crédits pour réserver les services d’espaces de coworking externes de leurs choix et y retrouver des collègues, des clients ou des prestataires. Côté plateforme collaborative, nous favorisons l’usage de Microsoft Teams pour les échanges transversaux ainsi que la coédition de documents en temps réel.

Comment être un DSI éco-responsable ?

MP : Un DSI éco-responsable doit mettre en œuvre une méthode d’écologie “by design”. Au niveau des achats, cela consiste à retenir un critère “green IT” dans la sélection des éditeurs et des fournisseurs. Par ailleurs, Microsoft a récemment indiqué qu’il visait une empreinte carbone négative d’ici 2030 et Orange s’inscrit également dans cette dynamique d’exemplarité sociale et environnementale.

Au sein même de la DSI, il faut agir en faveur de la sobriété numérique. Les méthodes agiles, Scrum et d’éco-conception comme DevOps, limitent le nombre de développements en procédant par itérations successives pour être au plus juste des besoins métiers. L’optimisation du code informatique permet, elle, de concevoir des applications livrables sobres moins énergivores.

Par ailleurs, la DSI mène des actions de sensibilisation et d’accompagnement auprès des utilisateurs dans le cadre d’une transformation numérique responsable, afin de favoriser des comportements vertueux, comme ne pas laisser son smartphone se charger en continu, utiliser des favoris pour les sites internet fréquemment visités (…)

Avoir une démarche éco-responsable est un enjeu d’attractivité. Cela renforce la marque employeur. Les jeunes actifs des générations Y et Z sont particulièrement sensibles aux questions environnementales et les directions générales des entreprises en ont également pris conscience.

DSI for Good, un prix essentiel au cœur des Trophées du DSIN de l’Année

Comme le décrit IT for Business, organisateur du prix du DSIN de l’Année, le prix DSI for Good récompense les DSI qui tirent parti des nouvelles technologies pour améliorer la vie des citoyens, employés, anciens, handicapés etc… et qui contribuent à la stratégie RSE de leurs entreprises. Outre son engagement en faveur du Green IT, la DSI de Colliers International a été récompensée également, pour son orientation « client », tant interne qu’externe, au centre des attentions et de ses besoins. For Good, signifie pour Malika PASTOR se concentrer sur l’essentiel, pas de superflu. Un prix essentiel, donc, que Valérie Geneyton, Fondatrice de la communauté Atout DSI a eu une grande fierté de remettre avec Guillaume Ors.

Retrouvez le palmarès du prix DSIN de l’Année 2019

  • Grand Prix « DSIN de l’Année » & Prix « DSI as a Service » : Véronique Puche, DSI de l’Assurance Retraite
  • Prix Spécial IT For Business « Manager Numérique de l’année » : Jean-Pascal Tricoire, PDG de Schneider Electric
  • Prix Spécial du Jury « DSI Coup de Cœur » : Laurent Husson, DSI de Air Tahiti Nui
  • Prix « DSI Augmenté » : Yves Caseau, DSI de Michelin
  • Prix du « DSI open » : Sébastien Valla, DSIN de la Ville et de la Métropole de Saint-Étienne
  • Prix du « DSI Orchestrateur » : Pascal Wronski, DOSI de Saint Maclou
  • Prix du « DSI Communicant » : Laurent Rousset, DSI d’Adecco Group France
  • Prix du « DSI for Good » : Malika Pastor, DSIN de Colliers International

Retrouvez le détail du palmarès sur ITforBusiness

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